dimanche 15 février 2026

Triangulation de la signature ADN-Y de l’ancêtre Jean Beaugrand-dit-Champagne

Triangulation de la signature ADN-Y de l’ancêtre Jean Beaugrand-dit-Champagne

JaCQUES P. BEAUGRAND Ph.D.

Le présent exercice en généalogie par ADN (G/ADN) illustre comment nous avons procédé pour retrouver la signature ADN du chromosome Y de l’ancêtre des Beaugrand-dit-Champagne d’Amérique du Nord. Cette approche est connue sous le nom de « triangulation » [3]. Elle consiste à inférer la signature de l’ancêtre ciblé à partir de signatures de descendants avérés. Nous référant à la Figure 1, l’ancêtre fondateur ciblé par la présente étude est Jean Beaugrand-dit-Champagne, arrivé en Nouvelle France en 1665 avec le Régiment de Carignan. Il épousa Marguerite Samson. Le couple eut un fils qui assura leur descendance, Jean-Baptiste, les deux autres enfants étant présumés décédés en bas âge. Jean-Baptiste épousa Françoise Guignard d’Olonne et le couple eut deux fils, Antoine et Pierre-Simon. D’Antoine et Pierre-Simon descendent les Beaugrand-dit-Champagne d’origine Canadienne-française [4]. Les descendants des deux lignées portent aujourd’hui les patronymes de Beaugrand-dit-Champagne, Beaugrand ou encore Champagne (et variantes). Nous désignerons ici l’ensemble de ces descendants par le patronyme de Beaugrand-Champagne.

La tâche consiste à comparer les signatures ADN du chromosome Y de descendants avérés des lignées Antoine et Pierre-Simon. L’ADN formant le chromosome Y est transmis de père en fils de génération en génération. Cet ADN est, en règle générale, intégralement transmis au descendant qui le transmettra à son tour à sa filiation masculine. Tous les descendants masculins qui partagent un même ancêtre dans la lignée directe des pères, c.-à-d. en patrilignage, partagent donc la même signature qui est aussi celle de l’ancêtre, permettant ainsi l’étude des lignées d’hommes. Puisque les hommes transmettent le plus souvent un patronyme ou une variante de ce patronyme à leurs fils, cette signature ADN-Y peut aussi servir à identifier, parmi des homonymes, lesquels sont vraiment apparentés et possèdent un ancêtre commun. Dans certains cas, un patronyme pourra être retrouvé grâce à l’ADN-Y, et il deviendra possible de compléter la généalogie d’une lignée qui aura changé de patronyme.

Deux dimensions de l’ADN-Y individuel sont examinées pour caractériser l’ADN-Y. La première dimension comprend une signature reposant sur les répétitions courtes en tandem ou STR (de l’anglais, Short Tandem Repeat). La seconde dimension concerne la caractérisation du polymorphisme profond reposant sur l’identification de mutations singulières (SNP); cette caractérisation permet de connaître l’haplogroupe et le sousclade de l’ADN étudié.

Le Tableau 1 présente la signature Beaugrand-Champagne reposant sur 12 marqueurs qui est la signature ADN-Y minimale utilisée en G/ADN. Un marqueur correspond à une zone bien délimitée et spécifique d’un brin d’ADN du chromosome Y où la compagnie qui a procédé au test a effectué une lecture du nombre de répétitions d’un motif particulier qui s’y trouvait. L’alphabet de l’ADN est composé de quatre lettres A, C, G, T qui correspondent aux bases Adénine (A), Cytosine (C), Guanine (G) et Tyrosine (T). Ainsi, en ce qui regarde l’haplotype du Tableau 1, dans la région du marqueur DYS-19, le motif TAGA, une séquence courte composée des bases Tyrosine (T), Adénine (A), Guanine (G) et Adénine (A), a été trouvée 14 fois. Au marqueur DYS-390, le tandem (TCTA) (TCTG) a été dénombré 25 fois. Pour chacun des marqueurs composant une signature, la compagnie qui effectue le test recherche donc un motif particulier qui est indiqué au Tableau 1. La valeur que prend le marqueur correspond au nombre de fois où ce motif particulier y aura été trouvé. La valeur obtenue peut varier à l’intérieur d’une fourchette dont les limites sont connues empiriquement. Ainsi, au marqueur DYS-19, le motif TAGA est normalement rencontré entre 10 et 19 fois; au marqueur DYS-390, le motif en tandem (TCTA) (TCTG) est normalement rencontré entre 17 et 28 fois. Un test d’ADN fournit des valeurs pour 12, 25, 37 ou d’avantage de ces marqueurs. Les 12 premiers marqueurs furent historiquement choisis à cause de leur taux de mutation faible ou moyen. En effet, l’ADN-Y de ces zones n’est l’objet de mutations que rarement dans une période généalogique. Ainsi, la probabilité que DYS-19 soit l’objet d’une mutation est d’environ 1,51 fois par mille générations. Cette probabilité est plus élevée pour DYS-390, avec environ 3,11 mutations par mille générations. Il en est de même pour les 10 autres marqueurs, chacun possédant un taux de mutation par génération qui est indiqué au Tableau 1.

L’autre dimension permettant de caractériser une signature ADN-Y concerne son polymorphisme profond. Il est reflété par la présence de mutations singulières appelées SNP, pour Singular Nucleotide Polymorphisms en anglais. Un SNP correspond à la mutation d’une base singulière, localisée à un endroit précis de la séquence d’ADN. Ainsi, le SNP peut impliquer une substitution d’une base par une autre, une délétion de la base qui devrait s’y trouver, ou encore une insertion d’une nouvelle base à un endroit précis de la chaîne d’ADN composant le chromosome Y. Une fois ces mutations SNP en place dans l’ADN-Y, elles ne se défont que très rarement et elles sont intégralement transmises de père en fils, de génération en génération, caractérisant ainsi les lignées d’hommes.
Les généticiens, en examinant la composition des divers haplotypes qui deviennent connus sont en mesure de reconnaître plusieurs grandes familles d’haplotypes, appelées «haplogroupes ». La notion d’haplogroupe est l’équivalent du genre dans une taxonomie. Ils ont construit une taxonomie qui reflète le plus parcimonieusement possible la phylogénèse des divers haplogroupes les uns par rapport aux autres. La phylogenèse est l’équivalent de la descendance généalogique mais pour des regroupements d’haplotypes qui partagent certaines caractéristiques communes et se distinguent des autres regroupements par d’autres caractéristiques. Le généalogiste peut donc avoir recours à une taxonomie reposant sur les SNP pour déterminer à quel haplogroupe appartient un ADN-Y.

Pour l’identification de la signature ADN-Y de l’ancêtre des Beaugrand-Champagne nous avons utilisé des signatures d’hommes qui avaient déjà fait décrire leur ADN-Y auprès de la compagnie Family Tree DNA [5] et dont la descendance de Jean Beaugrand-Champagne était avérée sur le plan documentaire. Ces trois premiers étaient de la branche d’Antoine, à savoir Florent, Jacques fils de Florent, et Troy. Deux autres participants furent recrutés de la branche de Pierre-Simon et invités à faire décrire leur ADN-Y auprès de la compagnie FTDNA. Il s’agit de Raymond et Pierre. La Figure 1 résume les liens de descendance et de parenté des cinq hommes qui servirent à la présente étude. Les prénoms de ceux qui ont fourni un échantillon d’ADN sont marqués de l’astérisque. La descendance respective de chacun sur le plan documentaire fut vérifiée par le premier auteur et est présentée en annexe.
Les résultats indiquent que les cinq hommes Beaugrand-Champagne testés dans le cadre de la présente étude possèdent exactement les mêmes valeurs STR aux 12 marqueurs du test ADN-Y de base (Tableau 1), partageant ainsi le même haplotype [6].

En plus de la signature reposant sur les STR, nous avons obtenu de FTDNA la caractérisation du polymorphisme profond de l’ADN-Y pour un représentant de chacune des deux lignées. L’ADN de Raymond servit pour la lignée de Pierre-Simon et celui de Jacques pour la lignée d’Antoine. La caractérisation a été faite pour les SNP reconnus comme jouant un rôle classificatoire au 4 juin 2009 dans la version 4.22 de la taxonomie de l’ADN-Y établie par la Société Internationale de Généalogie Génétique [7].

Les résultats indiquent que l’ADN-Y des représentants de chacune des deux lignées appartient au même haplogroupe et au même sousclade, à savoir le R1b1b2a1a2d3* (forme abrégée : R-L2*) [8]. Leur l’ADN-Y possède le SNP U152/ S28 et, plus en aval, le L2/S139. L’haplogroupe d’appartenance de chacun des hommes Beaugrand-Champagne de cette étude avait en premier lieu été estimé algorithmiquement par FTDNA sur la base des STR (et non des SNP); tous s’étaient avérés appartenir à l’haplogroupe R1b1b2.

Le fait que les échantillons d’ADN-Y fournis par Raymond pour la lignée Pierre-Simon et par Jacques, pour la lignée d’Antoine, appartiennent au même sousclade laisse supposer que les autres signatures du présent projet appartiennent aussi au sousclade R-L2*, ce que nous allons assumer. La détermination du sousclade à partir du polymorphisme profond des SNP vient donc de valider la parenté STR entre des signatures ADN-Y. En effet, il est maintenant reconnu que deux signatures peuvent parfaitement coïncider sur les 12 premiers marqueurs STR tout en appartenant à des sousclades différents de l’haplogroupe R1b1b2.
L’haplotype modal des R1b1b2, aussi désigné par haplotype modal de l’Atlantique de l’Ouest (WAMH: pour Western Atlantic Modal Haplotype en anglais), est la signature STR la plus fréquemment rencontrée chez les hommes R1b1b2 originaires de l’Europe de l’Ouest. L’ancêtre dont descendent les européens R1b1b2 possédait probablement une signature STR très proche de celle du WAMH/R1b1b2, sinon identique. Il était important de s’assurer dans la présente étude que l’haplotype modal dégagé pour les hommes Beaugrand-Champagne fut distinguable de celui du WAMH/R1b1b2. En effet, il arrive assez fréquemment que des signatures R1b1b2 reposant uniquement sur 12 marqueurs se révèlent identiques à celle de la signature modale de leur haplogroupe. Le fait que deux signatures coïncident parfaitement entre elles sur 12 marqueurs ne peut alors pas être attribuable à une parenté récente. Il faut alors augmenter le nombre de marqueurs pour permettre aux signatures étudiées de se différencier de la signature modale de leur haplogroupe. L’haplotype Beaugrand-Champagne et l’haplotype modal R1b1b2 du Tableau 1 présentent des différences sur quatre marqueurs, dont un écart de deux unités sur un marqueur lent, le DYS-439. Trois autres différences sont présentes sur des marqueurs à taux de mutation moyens, les marqueurs DYS-385, DYS390 et DYS391. La parenté entre la signature Beaugrand-Champagne et celle de la signature modale des R1b1b2 est donc loin d’être récente, pouvant correspondre à plusieurs milliers d’années.
Deux signatures identiques qui sont éloignées de la signature modale de leur haplogroupe partagent fort probablement un ancêtre commun qui a vécu récemment ou assez récemment.

Les signatures de Pierre et Raymond partagent le même haplotype et la recherche documentaire montre que leur ancêtre commun le plus récent (ACPR; en anglais: MRCA pour Most Recent Common Ancestor) est Pierre-Simon. Il en est de même pour les signatures de Troy et de Jacques (ou de Florent). Pour ces derniers, la recherche documentaire montre que Jean-Baptiste, père de Jean-Baptiste et de Norbert, est leur ACPR. Or, les deux branches de Beaugrand-Champagne, celles de Pierre-Simon et d’Antoine possèdent aussi un ACPR en la personne de Jean-Baptiste, fils de l’ancêtre Jean, premier arrivant.
Jean-Baptiste était-il le fils biologique de l’ancêtre Jean? Nous ne pouvons pas répondre à cette question sur le plan génétique. Nous pouvons cependant raisonnablement assumer que Jean-Baptiste était effectivement le fils biologique de l’ancêtre Jean Beaugrand-dit-Champagne. L’haplotype Beaugrand-Champagne présenté au Tableau 1 serait alors celui de l’ancêtre Jean Beaugrand, débarqué à Québec en 1665 avec le Régiment de Carignan.
Utilisant cette signature Beaugrand-Champagne comme modèle d’exploration, il sera dorénavant possible de retrouver des apparentés génétiques en Europe, et particulièrement en France. Ainsi, en identifiant des cousins européens, il sera peut-être possible de répondre à certaines interrogations qui demeurent en suspens au sujet de l’ancêtre, en particulier en ce qui concerne son véritable patronyme et ses origines régionales. Cette signature pourra aussi servir de phare généalogique pour tous ceux et celles [9] qui posent l’hypothèse d’une descendance de l’ancêtre Jean Beaugrand-dit-Champagne ou qui ne savent pas à quelle branche de Beaugrand ou de Champagne ils ou elles appartiennent.

Sur les origines ancestrales des cinq hommes impliqués dans la présente étude, nous savons que leur haplotype R1b1b2-L2* est d’origine européenne occidentale. Dans la taxonomie courante de ISOGG, L2 se trouve emboîté dans le taxon défini par le U152/S28 dont ont connait l’âge approximatif et la distribution géographique en Europe. La mutation U152/S28 serait apparue chez un européen occidental il y a environ 3 à 5 milliers d’années, sûrement après le paroxysme glacial. Il n’est pas encore clairement établi si l’ancêtre des R1b1b2 a passé la dernière glaciation dans un refuge européen ou s’il a pénétré en Europe après la dernière grande glaciation, en provenance d’Eurasie, du Moyen-Orient ou d’Anatolie. Bien qu’il se dégage un consensus pour associer U152/S28 à la culture Hallstatt et La Tène, une confirmation venant de l’anthropologie génétique serait la bienvenue pour appuyer l’hypothèse qu’ils contribuèrent aux Celtes alpins ou même italiques [10]. Quant aux L2, nous n’avons pour l’instant aucun indice sur les tribus ou peuples européens auxquels ils ont contribués depuis le début de notre ère. Les cas de L2 répertoriés à ce jour rapportent des racines ancestrales en Italie du Nord, en Suisse, en Allemagne (Rhénanie), un peu en Belgique et en France, de même que sur la côte Est de l’Angleterre.

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Figure 1. Réseau de parenté des cinq hommes Beaugrand-Champagne qui ont fourni l’ADN-Y ayant servi dans la présente étude. Les prénoms de ceux dont l’ADN-Y a été décrit sont marqués de l’astérisque; le numéro de leur trousse chez FTDNA est indiqué. La descendance de chacun d’eux depuis l’ancêtre Jean se trouve en annexe.

Tableau 1.
(a) Haplotype STR des hommes Beaugrand-Champagne de la présente étude. Les cinq participants possèdent exactement la même signature sur 12 marqueurs. Pour des fins de la comparaison, l’haplotype modal WAHM/R1b1b2 est aussi présenté.
(b) Pour chacun des 12 marqueurs concernés, sont présentés le motif STR qui y est lu par FTDNA, la fourchette limite pour les valeurs minimale et maximale, de même que le taux de mutation par génération connu à ce jour. D’après: *) Butler, J.M. & Reeder, D.J. (2009). Short Tandem Repeat DNA Internet Database, Summary List of Y Chromosome STR Loci and Available Fact Sheets:http://www.cstl.nist.gov/biotech/strbase/ystr_fact.htm
**) Chandler, J.F. (2006) Estimating Per-Locus Mutation Rates. J. Genetic Genealogy, 2, 27-33. http://www.jogg.info/22/Chandler.pdf

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Annexe

Descendance des hommes Beaugrand-dit-Champagne de la présente étude.

Pierre; Trousse FTDNA #142367
Yvon Champagne et « privé », Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle, Montréal, 1 juillet 1955; BMS2000#8292571
Alphonse Champagne et Berthe Mongrain, Saint-Clément-de-Viauville, Montréal, 28 juillet 1926; BMS2000#8104239
Hubert Beaugrand Champagne et Delphine Desjardins Thouin, Saint-Pierre de Sorel, 24 avril 1883; BMS2000#6545444
Joseph Beaugrand Champagne et Angèle Péloquin, Saint-Pierre de Sorel, 28 octobre 1856; BMS2000#6545448
Édouard Beaugrand Champagne et Séraphine Piette Trempe, Sainte Geneviève de Berthier, 31 janvier 1826; BMS2000#6628635
Alexis Pierre Beaugrand Champagne et Josèphe Vandal, Sorel, 8 février 1790; PRDH#355620
Alexis Beaugrand Champagne et Marie Anne Hénault Lafrenière dit Canada, Berthier-en-Haut, 2 février 1761; PRDH#37704
Pierre-Simon Beaugrand Champagne et Marie Josèphe Duteau, L’Île-Dupas, 5 juin 1732; PRDH#80616
Jean Baptiste Beaugrand Champagne et Françoise Guignard d’Olonne, Lieu indéterminé, avant 1697; PRDH#7958
Jean Beaugrand dit Champagne et Marguerite Samson Penisson, Sorel, 1670 ou 1671; PRDH#3509

Raymond; Trousse FTDNA #142366
Elzéar Beaugrand Champagne et Lillian Flora Monty, Suncook, New Hampshire, ÉU, 1933
Antime Beaugrand Champagne et Dorilla Racicot, North-Adams, Massachusetts, ÉU, 1897
Charles Joseph Beaugrand Champagne et Philomène Miron, Lavaltrie, 11 août 1857; BMS2000#6628619
Joseph Beaugrand Champagne et Angélique Mondore, Lanoraie, 13 novembre 1832; BMS2000#6628706
Joseph Beaugrand Champagne et Marguerite Fréchette, Berthierville, 13 août 1804; Drouin, Berthierville, 1804
Louis Beaugrand Champagne et Marie Amable Ursule Généreux, Berthier-en-Haut, 21 juin 1773; PRDH#49440
Pierre Simon Beaugrand Champagne et Marie Josèphe Courrier, Berthier-en-Haut, 29 janvier 1746; PRDH#24825
Jean Baptiste Beaugrand Champagne et Françoise Guignard d’Olonne, Lieu indéterminé, avant 1697; PRDH#7958
Jean Beaugrand dit Champagne et Marguerite Samson Penisson, Sorel, 1670 ou 1671; PRDH#3509

Troy; Trousse FTDNA #77896
Robert Francis Champagne et Irene Elizabeth Shaw, Pinnebog, Michigan, 1950
Clarence Edward Champagne et Anna Muriel Thompson, Pinnebog, Michigan, 1926
John W. Champagne et Elizabeth Hebert, Pinnebog, Michigan, 1901
Norbert (Albert) Beaugrand Champagne et Emily Leneway, Port-Huron, Michigan, 1871
Jean-Baptiste Beaugrand Champagne et Madeleine Branconnier, St-Élisabeth (Co. Joliette), 10 février 1826; Drouin, Ste-Élisabeth
Jean-Baptiste Beaugrand Champagne et Geneviève Houde, Berthierville, 6 février 1804; Drouin, Berthierville
Joseph Beaugrand Champagne et Marie Geneviève Gilbert-Comtois, Berthier-en-Haut, 21 août 1775; PRDH#51836
Pierre Beaugrand Champagne et Marie Geneviève Dubord-Lafontaine, Lavaltrie, 27 octobre 1749; PRDH#27427
Antoine Beaugrand Champagne et Marie Josèphe Coutu, St-Sulpice, 29 avril 1726; PRDH#15444
Jean Baptiste Beaugrand Champagne et Françoise Guignard d’Olonne, Lieu indéterminé, avant 1697; PRDH#7958
Jean Beaugrand dit Champagne et Marguerite Samson Penisson, Sorel, 1670 ou 1671; PRDH#3509

Jacques; Trousse FTDNA #31300
Florent; Beaugrand et Albertine Savaria, Montréal, 18 octobre 1941; BMS2000#8241456 ; Trousse FTDNA #50845
Joseph Beaugrand Champagne et Éva Champigny Deslandes, Saint-Hyacinthe, 6 mai 1907; BMS2000#6207244
Napoléon (Paul) Beaugrand Champagne et Elmire Caya, Acton Vale, 27 mai 1879; BMS2000#5817849
Jean-Baptiste Beaugrand Champagne et Rose Célina Desrosiers, Saint-Félix-de-Valois, 3 mars 1851; BMS2000#6628689
Jean-Baptiste Beaugrand Champagne et Madeleine Branconnier, St-Élisabeth (Co. Joliette), 10 février 1826; Drouin, Sainte-Élisabeth, 1826
Jean-Baptiste Beaugrand Champagne et Geneviève Houde, Berthierville, 6 février 1804; Drouin, Berthierville, 1804
Joseph Beaugrand Champagne et Marie Geneviève Gilbert-Comtois, Berthier-en-Haut, 21 août 1775; PRDH#51836
Pierre Beaugrand Champagne et Marie Geneviève Dubord Lafontaine, Lavaltrie, 27 octobre 1749; PRDH#27427
Antoine Beaugrand Champagne et Marie Josèphe Coutu, Saint-Sulpice, 29 avril 1726; PRDH#15444
Jean Baptiste Beaugrand Champagne et Françoise Guignard d’Olonne, Lieu indéterminé, avant 1697; PRDH#7958
Jean Beaugrand dit Champagne et Marguerite Samson, Sorel, 1670 ou 1671; PRDH#3509

Notes

[1] L’auteur désire remercier Florent Beaugrand (Acton Vale, Québec), Troy Champagne (Michigan, ÉU), Pierre Champagne (Chicoutimi, Québec) et Raymond Beaugrand-dit-Champagne (Pennsylvanie, ÉU) pour leur aimable collaboration à la présente étude.

[2] Adresser toute correspondance par Email à Beaugrand.Jacques@UQAM.ca

[3] Kerchner: http://www.kerchner.com/deducedancestralhaplotype.htm

[4] Il existe aux ÉU et en Amérique centrale et du Sud des Beaugrand et Bogran(d) qui ne sont pas les descendants de Jean Beaugrand-dit-Champagne. Voir le projet patronymique Beaugrand à http://beaugrand.ca. Les Beaugrand de France qui ont été testés à ce jour (ceux originaires de Champagne et des Hauts de France) appartiennent tous à au autre haplogroupe que les Beaugrand-Champagne.

[5] Family Tree DNA (FTDNA): https://www.familytreedna.com/

[6] Ces résultats font partie de la base de données du Projet ADN Héritage Français à http://www.familytreedna.com/group-join.aspx?code=T86200&Group=FrenchHeritage ou
http://adnfrancais.org ainsi que du projet patronymique Beaugrand à http://www.familytreedna.com/group-join.aspx?Group=Beaugrand

[7] International Society of Genetic Genealogy (ISOGG) à http://ISOGG.org

[8] L’astérisque qui termine le label du taxon indique qu’il s’agit de la forme ancestrale, laissant ouverte la possibilité que d’autres SNP soit éventuellement découverts plus en aval, permettant ainsi de subdiviser ce sousclade.

[9] Une femme peut demander à un frère, à un père ou à un oncle paternel de fournir les cellules qui serviront au test d’ADN-Y. Les cellules sont prélevées dans la bouche en raclant l’intérieur des joues avec une petite brosse.

[10] Faux, D. (2009). http://www.davidkfaux.org/R1b1c10_Resources.pdf


Triangulation of the yDNA signature of ancestor Jean Beaugrand-dit-Champagne

This short communication concerns the identification of the Y-DNA haplotype (signature) of ancestor Jean Beaugrand-dit-Champagne through triangulation [2].
Jean Beaugrand, whose war name as a soldier was “Champagne”, came to New France in 1665 with the Regiment of Carignan. After his service, he stayed in the colony and married Marguerite Samson, a “Fille du Roi” [3]. Their son Jean-Baptiste was the only one of their children to assure their descent. Jean-Baptiste married Françoise Guignard d’Olonne and the couple had two sons, Antoine and Pierre-Simon, from who descend all Beaugrand-dit-Champagne of French-Canadian root [4]. Today, these descendants carry various surnames: Beaugrand, Beaugrand-Champagne, Beaugrand-dit-Champagne, Champagne etc. We will simply refer to them as Beaugrand-Champagne. Figure 1 shows the relatedness of the participants with ancestor Jean and among each other. The first names of the five men who had their Y-DNA tested are marked with an asterisk.

For the identification of the signature of the ancestor we have used the Y-DNA test results of five Beaugrand-Champagne men. Three of them had already been tested at FTDNA[5] but belonged to Antoine’s branch. We thus made calls on various forums and Family Newsletters and were in a position to recruit two additional participants from the alternate branch, that of Pierre-Simon. All five men had a well documented descent from ancestor Jean Beaugrand. Nonetheless, we verified this descent, systematically resorting to the original documents[6].

DNA testing on the first 12 STR markers was done by FTDNA [7] and the haplogroup was estimated algorithmically as R1b1b2 for all five participants. Moreover, for two of them, Raymond for the Pierre-Simon’s line and Jacques for Antoine’s line, the haplogroup and its subclade were SNP determined by FTDNA.
All five Beaugrand-Champagne participants showed the same STR signature based upon the first 12 markers (Panel I), shown in Table 1. For comparison purposes Table 1 also presents the modal haplotype of haplogroup R1b1b2 which is the same (for the moment) as that of the WAMH (Western Atlantic Modal Haplotype). The Beaugrand-Champagne and the R1b1b2 haplotypes differ on 4 markers. Marker DYS-439 has a low mutation rate and shows two units of difference. Other markers, DYS-385, DYS-390 and DYS-391 have moderate mutating rates. The relatedness between the Beaugrand-Champagne and modal R1b1b2 is thus far from being recent and could correspond to several thousand years.

Following the Deep Clade test, Raymond and Jacques were found belonging exactly to the same haplogroup and subclade, which is R1b1b2a1a2d3* (short form: R-L2*). Their Y-DNA possesses the S28/U152 SNP and the more downstream mutation L2/S139. It was assumed from these results that all participants shared the same haplogroup, which is R-L2* [8] The fact that all participants share the same haplotype (STR signature) and haplogroup (and subclade) confirms their relatedness. Indeed, there are known precedents from haplogroup R1b1b2 where two signatures perfectly matched on STR values but resulted in not being related when their subclade became known through SNP testing.

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Figure 1. Descent of the participants from ancestor Jean and relatedness among each others. The first names of those who were Y-DNA tested are marked with an asterisk and their FTDNA kit number indicated.

Two identical signatures which are distinct from the modal of their haplogroup most probably share a common ancestor who has lived recently or quite recently.
The signatures of Pierre and Raymond share the same haplotype and their documentation shows that their Most Recent Common Ancestor (MRCA) is Pierre-Simon. Troy and Jacques (or Florent) also share the same haplotype and in their case, documentary research shows that their MRCA is Jean-Baptiste, the father of Jean-Baptiste and of Norbert. Moreover, the two lines of Beaugrand-Champagne, that of Pierre-Simon and Antoine, also share a MRCA in the person of Jean-Baptiste, the son of ancestor Jean who first established in New France.

Was Jean-Baptiste the biological son of ancestor Jean? We cannot answer this question but, based on the available documentation and on the mentality of the epoch we can reasonably assume that it was the case.

The haplotype shown in Table 1 would thus be that of ancestor Jean Beaugrand-dit-Champagne, Soldier of the Carignan Regiment.
Using this revealed signature as a model of exploration it will become possible to find European cousins, especially in France, and to answer questions which are still pending, especially concerning his original surname and region of origin. The genealogy of all descendants of Jean Beaugrand-dit-Champagne could also be augmented of by 2-4 generations of ancestors who lived in Europe before him. The identified signature could also serve in the future as a beacon for those who hypothesize that they descend from ancestor Jean Beaugrand-dit-Champagne and for those who have lost their roots through adoption or otherwise.

Concerning the ancestral origins of the five men of the present study, we now know that their haplogroup is R1b1b2-L2* and that it is of West European origin. In the current ISOGG taxonomy, L2 is nested within the S28/U152 subclade for which the approximate age and European geographical distribution are known. The S28/U152 mutation would have occurred in Western Europe 3 to 5 thousand years ago, surely after the last glacial maximum (LGM). It is not clear at this moment if ancestor R1b1b2 from which S28/U152 men descended had already populated Europe when glaciations occurred and in which European refuge, he might have spent the LGM; or if he entered Europe from the East (from Eurasia, the Middle East or Anatolia) after the end of the LGM.

It has been proposed that S28/U152 men were part of the Hallstatt and La Tène cultures and later became Alpine Celts or even Italics. However, such a hypothesis still awaits anthropological confirmation. As for R-L2, we cannot say much for the moment. The tested L2 cases report having European origins in Northern Italy, Switzerland, Germany (Upper Rhineland), Belgium and France, as well as along the Eastern coast of the British Isles.

Table 1.
Haplotype shared by the five Beaugrand-Champagne men who participated in the present study. They show the same values at each of the 12 markers composing their signature. For comparison purpose, the modal haplotype of the modal WAHM/R1b1b2 is also presented.

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Acknowledgements

The following persons are thanked for their valued participation in this study: Florent Beaugrand (Acton Vale, Québec), Raymond Beaugrand-dit-Champagne (Pennsylvania, USA), Troy Champagne (Michigan, USA) and Pierre Champagne (Chicoutimi, Québec).

Declaration

The full consent of all participants was obtained.

Notes

[1] Corresponding author: Beaugrand.Jacques@UQAM.CA
[2] « Triangulation » according to Kerchner: http://www.kerchner.com/deducedancestralhaplotype.htm
[3] About King’s daughters: http://www.fillesduroi.org/Daughters/daughters.html
[4] There are Beaugrand, Bogran(d) in North, Central (including the Caribbean) and South Americas who have other origins (see the Beaugrand-surname project at FTDNA). Moreover, most people carrying the Champagne surname have other ancestors than Antoine and Pierre-Simon Beaugrand-Champagne.
[5] Family Tree DNA (FTDNA): https://www.familytreedna.com/
[6] The PRDH, BMS2000 or Ancestry.ca, were used to locate vital records; each copy of the original was then examined in the Drouin collection. The ancestry of each participant is available upon request to the first author.
[7] These results are part of the French Heritage DNA project: http://frenchdna.org

[8] The asterisk at the end of the label indicates that it is the ancestral form and that eventual discovery of further SNPs could allow further splitting of the subclade.


Le chromosome Y des BEAUGRAND-CHAMPAGNE appartient à l'haplogroupe R-BY33606

Les hommes Beaugrand-Champagne possèdent un chromosome Y qui appartient à l'haplogroupe R-BY33606. La compagnie de tests ADN ''Family Tree DNA'' a établi une arborescence représentant la différentiation ou séparation de notre lignée d'hommes des autres lignées apparentées dans un horizon ancestral d'un millier d'années. Cette arborescence est présentée sur la Figure annexée. La seule lignée d'homme apparentée relativement récemment partage un ancêtre commun avec nous (appelé R-Y34426) qui aurait vécu vers 321 de notre ère. De cet ancêtre commun probablement celte Belgae sont nées deux branches connues ou révélées par le test Big-Y de FTDNA: celle conduisant aux anglais appelés les WELLS (et GREENWELLS) et celle conduisant à la nôtre, celle des BEAUGRAND-CHAMPAGNE. Il y en a eu probablement d'autres mais elles ne sont pas connues pour l'instant.

Sur cette Figure, R-BY33606 est notre ancêtre Jean-Baptiste BOUGRAN/BEAUGRAND, fils du couple Jean BC et Marguerite SAMSON.
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Pour en savoir davantage sur notre haplogroupe R-BY33606 et sur ses haplogroupes ancêtres (en amont) je vous invite à consulter la page
Ne pas hésiter à me poser des questions. Je me ferai un plaisir d'y répondre. Jacques P. BEAUGRAND beaugrand.jacques@uqam.ca


Signature manuscrite de Jean BEAUGRAND

 Voici la signature manuscrite de Jean BEAUGRAND


Il signe Jean ou Gean BOUGEREN.
  
Il en existe une autre où il insère un 'u' après le g comme pour signaler que ce g est guttural et non prononcé comme un j. 

Le notaire mentionne son nom comme étant Jean BOUGARAN.

À la recherche des ancêtres patrilinéaires de Jean Beaugrand-Champagne

 

À la recherche des ancêtres patrilinéaires de Gean Beaugrand-Champagne


Notre chromosome Y est une véritable archive pouvant révéler l’histoire de notre lignée d’hommes.  L’ADN formant le chromosome Y est transmis de père en fils. A l’occasion, une nouvelle mutation se produira qui viendra s’ajouter à celles déjà accumulées et l’ensemble sera transmis héréditairement aux descendants masculins.

Ces mutations ponctuelles sont appelées des SNP pour, en anglais, <Singular Nucleotic Polymorphism>.  Pour en savoir davantage sur les SNP, lire  http://bit.ly/2fSG9Rq Au cours de l’histoire phylogénétique (Note 1) du chromosome Y d’une lignée d’hommes comme celle des Beaugrand-Champagne, ces SNP se sont produits dans un ordre qu’il est possible de reconstituer en alignant les signatures SNP trouvées auprès d’hommes appartenant à différentes lignées. Cet ordre d’apparition révèle ainsi l’histoire phylogénétique de l’ADN-Y d’une ou de plusieurs branches d’hommes qui partagent ces SNP. L’arbre phylogénétique des différents ADN du chromosome Y repose sur cet ordre d’apparition des SNP, et sert à définir l’haplogroupe auquel un ADN-Y particulier appartient.  Un exemple d’arbre phylogénétique, avec la position des hommes Beaugrand-Champagne, peut être visualisé en ligne à https://bit.ly/3m5nKSQ
Les Beaugrand-Champagne (BC) se trouvent dans le bloc BY3616. Dans cette arborescence phylogénétique (ou cladistique), le chromosome Y de Raymond BC est représenté par la feuille verte YF79919 et le mien par la feuille YF09590. Pour rappel, Raymond est de la branche de Pierre-Simon et je suis de la branche d’Antoine. Au total, 18 générations nous séparent de notre ancêtre commun le plus récent (ACPR), nommément Jean BC, fils de Gean et Marguerite Samson. Et pourtant, au cours de ces 18 événements générationnels nos deux chromosomes Y sont demeurés identiques, à l’exception de deux SNP personnels qui serviront peut-être éventuellement à distinguer nos deux branches généalogiques respectives. Je reviendrai sur ce sujet dans une autre rubrique.
Le chromosome Y des BC appartient donc à l’haplogroupe R-Y109619. L’arbre illustré à https://bit.ly/3m5nKSQ est extrêmement touffu et c’est difficile de situer la position d’une branche d’hommes. Heureusement, notre position dans l’arbre peut être résumée par un « parcours » phylogénétique (ou cladistique) qui débute en Afrique avec les grands primates et qui se rend jusqu’à nous. Voici notre « branche », à savoir le parcours phylogénétique qui a été suivi par nos ancêtres jusqu’à nous.

 [Premiers hommes] > A0T-A2752 > A1-L985 >A1b-Z11900 >BT-M9379 >CT-CTS11575 > CF-PF2723 >F-CTS11726 > GHIJK-M3684 > HIJK-PF3494 > IJK-PF3497 > K-PF5459 > K2-PF5979 > K2b-PF5990> P-PF5850 > P-M1254> P-PF5867> P-P337> P-P284> P-P226 > R-L248 > R-Y482> R1-F211> R1b-PF6090 >R-L754> R-L389> R-P297> R-M269> R-L23> R-L51> R-L52> R-L151> R-P312> R-U152 > R-L2 > R-Z49 > R-Z142 > S7402 (Z150) > R-BY3616 (L552) > R-Y109619 (nous)

Chaque étape dans ce parcours représente un homme qui a été notre ancêtre. Dans ce parcours, le signe > correspond à une descendance. Ainsi « A1-L985 > A1b-Z11900 > BT-M9379 » signifie qu’un homme appartenant à l’haplogroupe A1-L985 est l’ancêtre d’un homme appartenant l’haplogroupe A1b-Z11900 et que A1b-Z11900 est le descendant de A1-L985. A1b est également l’ancêtre de BT. BT descend de A1b. La descendance n’implique pas être le fils de l’ancêtre mais plutôt être un descendant de celui-ci.
La notation de chacune des étapes de ce parcours comprend d’abord le label de l’haplogroupe majeur d’appartenance de cette étape, suivi du label du SNP qui sert de critère pour appartenir à cet haplogroupe ou à une subdivision de cet haplogroupe. Ainsi, le chromosome Y des BC est noté « R-Y109619 », signifiant que notre chromosome Y appartient à l’haplogroupe majeur R et à la subdivision –appelée sousclade– Y109619 de cet haplogroupe.

Plusieurs lignées d’hommes partagent le même parcours depuis les origines en Afrique jusqu’à un certain homme ou SNP dans le parcours, pour ensuite bifurquer de la branche commune à un SNP particulier pour former un parcours ou une branche spécifique. Ainsi, les Perreault (à Pierre) et les Soucy se séparent de notre branche commune au SNP S7402, et les Belhumeur quittent notre  branche au SNP Z142.  Plus près de nous, des Greenwell (d’Angleterre) et Quévillon (de France) partagent avec nous la branche commune jusqu’au SNP BY3616.  C’est donc dire que ces lignées d’hommes étaient fusionnées en une seule branche humaine qui était aussi la nôtre. Nous partageons donc en commun tous les ancêtres du tronc commun jusqu’au point où notre branche s’est écartée de leurs branches.
Mais cette séparation s’est faite bien avant l’apparition et la consolidation des noms de famille en Europe.  Pour vous donner une idée, l’ancêtre commun entre nous, les Greenwell et les Quévillon aurait vécu il y a environ 2,000 ans, à l’époque de la conquête romaine. Nous ne sommes donc pas parents dans un horizon généalogique.

Le parcours phylogénétique de notre lignée peut être traduit en un trajet approximatif sur le plan géographique.  Pour ce faire, il faut connaître la distribution géographique des divers types d’ADN-Y, quelles <ethnies> le possédaient, tenir compte des jalons archéologiques fournis par l’ADN ancien et des contraintes géographiques (montagnes, mers, &c). Il est ainsi possible de dégager un trajet vraisemblable de peuplement de nos ancêtres patrilinéaires depuis l’Afrique jusqu’à nous. 

Ce trajet peut être généré en ligne en allant à  https://bit.ly/38TCHBE et en saisissant, en haut de la page, la valeur BY33606 (qui est un SNP synonyme du SNP Y109619), et en sélectionnant le signe mâle puis en pesant sur Go.  Le trajet sera alors généré.  Il devrait ressembler à la Figure 1.1.


Les SNP listés sur cette figure (ou simulation de peuplement) peuvent être différents de ceux qui font partie du parcours que j’ai présenté plus haut.  Ce sont cependant des SNP synonymes, qui varient selon les plateformes qui analysent les résultats des tests d’ADN-Y.

Ce trajet se termine au point jaune,  au Moyen-âge, et apparemment en Champagne (France). Après tout qui oserait penser que notre ancêtre Gean Beaugrand-Champagne ne venait pas de Champagne ? 

Que peut-on inférer de ce trajet de peuplement ou de migration sans tomber dans le romantisme tribal ou ancestral ?
D’abord, que nos ancêtres ont été pour au moins 95% de leur histoire et parcours — pour toute la durée du Paléolithique — des cueilleurs-chasseurs, et des nomades. Ils sont partis d’Afrique et, de génération en génération,  ont migré vers le Nord jusqu’en Sibérie et en Asie occidentale. Ils y ont probablement chassé le mammouth et d’autres grands mammifères aujourd’hui éteints. Ils avaient probablement les yeux bridés et la peau brune et se sont croisés avec l’homme de Néandertal qui leur a transmis la peau claire et la possibilité d’avoir les yeux bleus. Durant la plus récente glaciation, leurs descendants se sont probablement réfugiés plus au Sud pour ensuite peupler, au Mésolithique, la steppe pontique (R-L389 à R-L23). Au Néolithique ils pratiquaient le pastoralisme et étaient devenus éleveurs de chevaux, de bœufs et d’ovins. Cette civilisation est celle de la culture Yamna. Ce sont eux qui inventèrent la roue et la charrette, qui domestiquèrent le cheval et le bœuf. Les éleveurs et guerriers Yamna se déplaçaient à cheval. Ils enterraient leurs morts dans des sépultures individuelles, en fosse.  Il débutèrent la métallurgie. Pour en savoir davantage sur la civilisation Yamna, lire http://bit.ly/2IpKqZM

Plusieurs études récentes reposant sur l’ADN ancien supportent l’hypothèse que les Yamna venant de la Steppe pontique seraient à l’origine de la culture de la céramique cordée qui s’est établie à l’ouest du Danube (SNP R-L51 et R-L52 dans le parcours de SNP). Lire: https://bit.ly/3eRHNCY


Certains de ces derniers formèrent des groupes de cavaliers à la hache de combat et envahirent l’Europe occidentale au début du 3e millénaire avant notre ère. En deux siècles, ils remplacèrent les hommes locaux, ne conservant que leurs femmes. Nous le savons par l’ADN mitochondrial transmis uniquement par les femmes. L’ADN du chromosome Y des autochtones a presque disparu chez les hommes alors que l’ADN mitochondrial est demeuré le même. Ce remplacement de la composition de la population autochtone, composée essentiellement de cueilleurs-chasseurs et d’agriculteurs, a été mis en évidence en Grande Bretagne, en France orientale et en péninsule ibérique (Lire le livre de David Reich:  https://bit.ly/3p0Bjny à ce sujet). Nous ne savons pas encore comment se fit ce brusque <remplacement>, à savoir par des massacres ou autrement. C’est à suivre.

La chaîne de SNP U152>L2>Z49>Z142>Z150 de la fin du parcours des hommes Beaugrand-Champagne se développa chez nos ancêtres au Néolithique en Europe. Les hommes qui possédaient ces SNP étaient des descendants des cavaliers envahisseurs. Ces SNP sont caractéristiques de certains descendants de la culture Hallstatt, puis de La Tène, qui donnèrent lieu aux Celtes alpins au Nord de l’Italie, entre la Bavière actuelle, l’Autriche et la Suisse. La Figure 3-1 illustre la région où se sont développées les cultures Hallstatt et La Tène. Pour en savoir davantage sur ces cultures, lire: https://bit.ly/3tAOHjR


De nombreuses tribus sont issues ou participèrent à la culture Hallstatt, puis à celle qui lui succéda, celle de La-Tène. Ces tribus contribuèrent à l’expansion du monde celte qui s’étendit de l’Europe occidentale jusqu’en Asie et au Nord jusqu’en Scandinavie.

Les hommes possédant les SNP U152>L2 sont particulièrement présents de nos jours dans la région de la Specia et de Massa (au Sud-Est de Bologne), de même que de Trévise (près de Venise) où ils y représentent respectivement 67% et 80% de tous les U152. Ces villes sont indiquées sur la Figure 4-1. Il est donc possible qu’un de nos ancêtres ait vécu dans ces régions qui formaient à l’époque la Gaule cisalpine du Nord de l’Italie. Après de nombreux conflits avec leurs voisins romains, les gaulois cisalpins furent définitivement défaits près de Mutina (actuelle Modène) et leur territoire devient alors une province romaine, la Gaule cisalpine, qu’administra Jules César. C’est parmi ces celtes fraîchement conquis que ce dernier puisa une grande partie de ses légionnaires pour partir à la conquête de la Gaule transalpine et de la (Grande) Bretagne. À la fin de leur service comme légionnaires, les soldats qui le souhaitaient recevaient un lot de terre pour s’y établir. C’est peut-être ainsi qu’un de nos ancêtres patrilinéaires s’est retrouvé en Europe occidentale, en Gaule romaine ou en Bretagne romaine. Notre ancêtre a pu être un enfant engendré par un légionnaire en pays occupé, ou même avoir été un esclave.


Il faudra attendre les découvertes faites par l’archéologie génétique pour en savoir davantage sur nos ancêtres. Maintenant que nous connaissons bien la génétique du chromosome Y de nos ancêtres patrilinéaires, l’archéologie génétique pourra nous révéler l’appartenance « tribale » de certains de nos ancêtres et leur trajet de peuplement jusqu’en Europe occidentale.

L’étude du chromosome Y des sépultures anciennes commence à livrer des résultats assez surprenants. Ainsi, la recherche génomique faite par Margaryan et al. (2020) (2) nous révèle qu’un Viking enseveli en Suède, à Varnhem, entre les 10 et 12e siècle possédait les mêmes SNP que les hommes de notre lignée. Cette région avait apparemment été peuplée par des celtes germaniques, les Teutons ( https://bit.ly/2QFp1o7 ). J’attends donc la publication des résultats du séquençage complet de son chromosome Y pour calculer à quelle époque a vécu notre ancêtre commun.

Parallèlement au fait de suivre attentivement ce qui se publie en archéogénétique, ma recherche de signatures ADN-Y concordantes avec la nôtre se poursuit mais c’est devenu difficile étant donné l’interdiction des tests ADN en France.
Nous savons que les Beaugrand de la région du Pas de Calais et du Limousin en France n’ont pas les mêmes origines que nous. Le site du projet Beaugrand à FTDNA (à http://bit.ly/1MyFBMm ) montre de plus que les signatures de plusieurs lignées de Beaugrand / Bogran ne concordent pas avec la nôtre.
Le fait que notre ancêtre Gean signait Bougeren et Bougueren et non Beaugrand me suggère fortement que son nom de famille n’était pas Beaugrand, un nom bien établi en France à son époque. Je tente donc depuis plus d’une décennie de connaître la signature ADN-Y d’hommes Bougaran (de Bretagne) et Bougeren (de Flandres) en leur offrant des tests gratuits, mais sans succès jusqu’ici. J’en suis rendu à leur offrir une récompense si un « match » se produisait. Or, les français et belges demeurent très craintifs et suspicieux à l’égard des tests ADN.

Jacques Beaugrand, Ph.D.
30 mars 2021
beaugrand.jacques@uqam.ca


Notes:
(1) La phylogenèse est le processus par lequel les organismes vivants donnent lieu à des descendants qui sont différents d’eux. Ainsi, les oiseaux sont les descendants d’une espèce de dinosaure. Dans le cas de l’ADN du chromosome Y, c’est l’équivalent de la généalogie des SNP à travers les lignées d’hommes. Pour en savoir davantage sur la Phylogénétique moléculaire, lire https://bit.ly/399jDAf
(2) Margaryan et al. (2020). Population genomics of the Viking world. Nature, 585, pp 390–396.


 

Possibles baptistères de Jean BEAUGRAND

Jusqu'ici la généalogie documentaire n'a pas réussi à fournir des indices précis sur les origines de notre ancêtre Gean BOUGEREN. Au Québec, les registres paroissiaux concernant son mariage, sa sépulture et celle de son fils Charles et sa fille Marie semblent avoir été perdus.
En France, le roll des engagés du Régiment de Carignan-Salières n'a toujours pas été trouvé. Ces documents auraient pu nous révéler sa province ou sa ville d'origine, voir les noms de ses parents. Selon les âges fournis aux divers recensements, Gean BOUGEREN serait né en fin de 1640 ou en 1641. Peut-être 1642.
J'ai fouillé les registres paroissiaux de France et de Belgique et cela m'a permis de trouver 1 baptême d'un Jean Beaugrand né en 1641 à Saint-Germain en Laye (près de Paris). Un second baptistère m'a été rapporté par Raymond BC pour l'année suivante, 1642 à Troyes, en Champagne.
Étant donné que Gean signait BOUGEREN et non BEAUGRAND, j'ai aussi cherché dans les registres français pour des baptêmes BOUGEREN et plusieurs variantes pour les années 1640 à 1642 et j'ai trouvé le baptême de Johannes BOUGARAN, né le 21 novembre 1640 à Ploudalmézeau, Bretagne.
Ces trois enregistrements ont été présentés sur ce forum le 27 février dernier. Ces documents sont rangés sous la rubrique <Documents historiques> qui peuvent être sélectionnés dans l'encadré intitulé <Sujets populaires dans les publications> à droite de la présente page Face Book.
À l'époque j'ai cherché d'autres enregistrements BMS concernant ce Jean BOUGARAN. Je n'ai trouvé aucune trace de lui après son baptême: pas de mariage, ni de baptêmes d'enfants, ni de sépulture. Il est donc possible que ce Gean se soit enrôlé au Régiment de Carignan-Salière.
Je réalise en écrivant ces lignes que ces recherches ont été faites à l'époque où les registres d'état civil de même que les BMS religieux (Baptêmes, Mariages, Sépultures) n'avaient pas encore été entièrement numérisés et enregistrés dans des bases de données (BDD) publiques et accessibles en ligne.
J'invite donc les membres du présent groupe qui s'intéressent à leurs origines à se lancer à la recherche des traces de l'ancêtre Gean et à fouiller les BDD de généalogie et de manuscrits qui existent dorénavant en France et au Québec.
Peut-être allons-nous découvrir des choses intéressantes et plus précises que ce que nous savons jusqu'à présent.
Les membres intéressés par des recherches généalogiques en France peuvent consulter le site
Tenez-nous au courant de vos découvertes !
L'intérêt de publier sur ce site Face Book est qu'il servira d'archive de nos découvertes et connaissances pour ceux qui nous survivront.


Les documents

Voici le baptistère de Gean/Jean/Joannes BOUGARAN. Il me semble le plus probable. L'original est en Latin. Il a été traduit pas des spécialistes en écriture ancienne de France. Je joins aussi l'enregistrement qui lui correspond dans la BDD généalogique de geneanet.com





















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Jean Beaugrand né à Troyes, Champagne, France.

À Troyes en Champagne, France, baptême de Jean Beaugrand, né 13 novembre 1642. Ses parents étaient Ednée Beaugrand et Thiénette Michelin.


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À St-Germain-en-Laye en France.
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Jean de BEAUGRAND Né le 29 janvier 1643 - Saint Jean de Bonneval, Aube, Champagne (non loin de Troyes)




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Jean BEAUGRAND Né le 25 mars 1640 - Cossé-le-Vivien, 53230, Mayenne, Pays de la Loire, FRANCE




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Jean BEAUGRAND Né le 26 février 1640 - Mons-en-Montois, 77520,
Seine-et-Marne, Île-de-France, FRANCE

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MON AVIS:

J'éliminerais tous ceux qui portent le nom de BEAUGRAND à la naissance.
Notre ancêtre signait BOUGARAN, et NON BEAUGRAND. 
C'est impensable qu'un français de France oublie que son nom de famille est BEAUGRAND, BEAU et GRAND!

Il n'aurait pas ajouté un U après le G pour en assurer la prononciation si son nom de famille avait été BEAUGRAND. 

Mon choix, à ce jour, se porte sur Joannes BOUGARAN né en Bretagne en 1641. 
--BOUGEREN est une variante de BOUGARAN.
--Sa fille Marie-Anne porte le nom de sa mère Anne (KERSCAVEN). C'était la tradition que de donner le prénom de la grand-mère paternelle à la fille ainée. 


 







Mon ancêtre Jean, devant notaire, signait Jean BOUGARAN et Jean BOUGUERAN. Et NON BEAUGRAND

Mon ancêtre Jean, devant notaire, signait Jean BOUGARAN et Jean BOUGUERAN. Il ne signait jamais BEAUGRAND, bien que ce nom de famille soit bien connu à cette époque en France. Le nom de famille a graduellement glissé vers BEAUGRAND (dit CHAMPAGNE). J'ai trouvé un baptistère d'un Joannes BOUGARAN né en novembre 1640 à Ploudalmézeau.
C'est donc possible que ce Jean soit l'ancêtre de ma lignée d'hommes.
L'ADN pourrait en décider. Si un homme BOUGARAN de Ploudalmézeau découvrait que sa signature ADN-Y (ADN du chromosome Y possédé par les hommes et transmis de père en fils) était la même que la mienne, ce serait une évidence probante que nous appartenons à la même lignée d'hommes.

20260215 / pjb